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Macron fait pression sur le Parlement européen lors de l'impasse de Strasbourg – POLITICO

Président français Emmanuel Macron | Lewis Joly / EPA

Le président français a déclaré que les préoccupations relatives aux coronavirus ne sont pas une raison de rester à l'écart.

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Le président français Emmanuel Macron a fait pression sur le Parlement européen pour qu'il retourne à Strasbourg en écrivant personnellement au président de la législature pour exiger un retour rapide à la «normalité institutionnelle».

En raison des inquiétudes et des restrictions liées au coronavirus, le Parlement n'a pas effectué son voyage mensuel habituel dans la ville française pour les sessions plénières depuis février. Au lieu de cela, il a tenu des sessions à Bruxelles, où la plupart de ses autres travaux sont effectués.

Mais dans sa lettre au président du Parlement David Sassoli, Macron a fait valoir que des raisons de santé ne pouvaient plus être utilisées pour justifier de rester à l'écart de Strasbourg.

"La situation sanitaire est certes difficile, mais elle l'est aussi à Strasbourg qu'à Bruxelles", a écrit Macron dans la lettre du 23 septembre et obtenue lundi par POLITICO et d'autres organes de presse. "Dans ces conditions, il est de votre devoir de mettre en œuvre sans délai un retour à la normalité institutionnelle et de reprendre les sessions plénières à Strasbourg à partir d'octobre."

Le Parlement devait rentrer à Strasbourg le mois dernier, mais a annulé ce plan après que la ville alsacienne et ses environs aient été désignées comme zone rouge de coronavirus par les autorités françaises.

Les responsables français ont critiqué cette décision et ont fait valoir qu'ils avaient mis en place des plans pour protéger les députés européens et le personnel du Parlement européen contre les risques de coronavirus. Mais une intervention personnelle du chef de l'Etat français augmente considérablement les enjeux de la bataille pour savoir quand retourner à Strasbourg.

Le Parlement est déjà sur le point d'annuler sa prochaine session prévue à Strasbourg, qui se déroulera du 5 au 8 octobre, après que les autorités belges ont désigné la ville comme zone rouge en raison du nombre de cas de coronavirus. Cette désignation signifie que si le personnel du Parlement se rend de Bruxelles à Strasbourg, il devra s'auto-isoler à son retour, ont noté des responsables.

Sassoli discutera de la question avec des fonctionnaires et de hauts députés européens et une décision finale est attendue dans les prochains jours.

Une deuxième session à Strasbourg prévue le mois prochain, qui débutera le 19 octobre, est également mise en doute.

Dans sa lettre, Macron a déclaré que la France "ne laissera pas les prétextes politiques alimentés par les inquiétudes sur la pandémie" miner le rôle de Strasbourg, largement considéré comme un symbole de la réconciliation franco-allemande et européenne au sens large.

Macron a ajouté qu'il souhaitait également que la prochaine Conférence sur l'avenir de l'Europe, qui sera établie "dans les semaines à venir", soit inaugurée dans les locaux du Parlement à Strasbourg.

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